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Quelques questions à Marie-Hélène Jarry | Les carnets de novembre

C’est la première neige aujourd’hui. 
Marjorie a écrit ces mots dans un carnet à la papeterie, pour tester l’épaisseur du papier. Le lendemain, étrange… quelqu’un lui a répondu! Le carnet recueille alors les messages échangés entre deux adolescents qui ne se connaissent pas. Les confidences du mystérieux correspondant de Marjorie, d’abord énigmatiques, laissent de plus en plus deviner une profonde détresse. Est-il en danger? Risque-t-il de ne plus être là pour la prochaine neige, comme le laisse sous-entendre le mot qu’il a laissé? Marjorie, inquiète, remue ciel et terre pour retrouver sa trace avant l’arrivée des prochains flocons. 

Nous avons posé quelques questions à Marie-Hélène Jarry, l’autrice de ce roman doux comme la première neige!

À qui t’adresses-tu avec Les carnets de novembre?

Je m’adresse un peu à tous les jeunes, mais surtout à celles et ceux qui vivent une transition difficile à l’aube de l’adolescence, simplement parce qu’elles et ils sont tout à coup confrontés aux graves questions de la condition humaine pendant que leur cœur est encore dans l’enfance.

Selon toi, est-ce important de se confier quand on est mélancolique?

Oui, c’est important de se confier dans ces moments. Mais il faut que ce soit à quelqu’un en qui on a entièrement confiance. Sinon, un journal peut jouer ce rôle : c’est un confident qui ne porte pas de jugement. J’ai commencé à tenir un journal le jour de mes 14 ans (merci, grand-­maman), et j’en ai encore un!

Quelle adolescente étais-tu (plutôt Marjorie ou Théo?)?

J’étais les deux. J’avais des moments de grande sociabilité et d’autres, où je me repliais sur moi-même. Des moments de légèreté suivis de moments sombres. Comme tant d’adolescent.e.s.

Quelle est la chanson que tu écoutais le plus à 12 ans?

J’écoutais beaucoup les Beatles, comme presque tous les jeunes de mon âge. Mais la chanson que j’ai écoutée le plus vers les 12 ans était Jack Monoloy de Gilles Vigneault. Elle parlait de l’amour impossible entre un Autochtone et une Blanche. Une chanson romantique qui finissait mal et qui, d’une certaine façon, est encore d’actualité.

Y a-t-il quelques vers que tu voudrais nous partager?

Oui, un passage d’un poème de Nâzim Hikmet, un poète turc, qui a passé près de 17 ans en prison pour ses idées politiques.

Ne vis pas sur cette Terre
À la façon d’un locataire
Ou bien comme en villégiature
Dans la nature
Vis dans ce monde
Comme si c’était la maison de ton père.

(tiré du recueil Des hommes à aimer)

As-tu déjà eu un correspondant (secret ou non!)? 

À fin du secondaire, j’ai commencé à correspondre avec un jeune Américain que j’avais rencontré l’été précédent. C’était à l’époque de la Guerre du Vietnam, il avait peur d’être appelé pour servir dans l’armée (il était un peu plus âgé que moi). Je lui confiais mes tourments, qui étaient ceux d’une adolescente plutôt choyée, alors que lui vivait dans la crainte de devoir aller se battre au Vietnam. Nous vivions des choses très différentes, c’était stimulant pour moi de le lire et j’imagine que, de son côté, ça lui faisait du bien d’être en contact avec une personne qui avait une vie plus «normale». Mes parents ne savaient pas tout ce qu’on se racontait.

Pourquoi aime-t-on écrire dans un carnet?

Comme je le disais, le carnet ne nous juge pas. En plus, il n’exige pas de nous que nous soyons cohérents! Autre avantage, on peut retourner en arrière pour voir ce qu’on y a écrit dans les années ou les mois antérieurs et ainsi, parfois, mesurer le chemin parcouru. 

Quel effet te procure la première neige?

La première neige me met dans un état second, comme si ma réalité se transformait tout à coup. Je me sens désorientée, mais apaisée en même temps. Et je ressens une grande joie. Tout ça à la fois!

Pour découvrir Les carnets de novembre, un roman pour les 12 ans et + de Marie-Hélène Jarry, illustré avec talent par Ayumi Harada, cliquez ici!