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Y avait-il des limites si oui je les ai franchies mais c’était par amour ok, une autofiction sans compromis de Michelle Lapierre-Dallaire

Michelle Lapierre-Dallaire lit un extrait de son roman Y avait-il des limites si oui je les ai franchies mais c’était par amour ok. Une autofiction sans compromis, un témoignage incisif et lucide sur la maladie mentale, les violences sexuelles, les relations amoureuses et la misogynie.

Le premier roman de Michelle Lapierre-Dallaire dérange par sa franchise désarmante, émeut par la beauté de son écriture. Il est une réponse hurlée à un monde qui n’a cessé de s’arroger le corps et l’intimité de l’autrice, et de nier ses traumas.

Réalisation et montage : Farid Kassouf
Texte et lecture : Michelle Lapierre-Dallaire  

« Que la douleur vienne, avec ses pattes sales. Qu’elle pisse sur ma fraîcheur et fasse entendre son hululement de maladie mentale, ses reproches de vieille peau, ses plaintes de chatte en manque, je serai déjà bien loin devant. Mes cheveux s’envoleront de mon crâne pour patcher les nids d’oiseaux dans l’hiver. Ma peau démesurée sera une couverte chaude pour les sans-abris du Vieux-Hull. Je lancerai mon cœur par-derrière, dans la fontaine du carré Vaudreuil, les yeux fermés. J’apporte avec moi tout ce qui parle de chance et de fortune. Des cennes noires, un bouquet de trèfles à quatre feuilles, des horloges figées sur 11 h 11, des amulettes, un pendentif, des incantations de grands-mères pas tuables. Je croise mes doigts, mes orteils, mes pieds, mes bras. Un coup d’état pour me déjouer moi-même de me saboter. »